ESCAPE GAME : comment créer un jeu pédagogique qui détecte les soft skills des apprentis ?

ESCAPE GAME

 

Comment créer un jeu pédagogique qui détecte les soft skills des apprentis ?

 

Pourquoi créer un Escape Game ?

Parce que c’est une nouvelle expérience ludique ?
Parce que c’est bien pour la cohésion d’équipe ?
Parce que c’est tendance ?

Oui. Mais non…

Suivre le courant ? Ceci doit être justifié !
Posons-nous les bonnes questions.

Pourquoi faisons-nous appel à la ludopédagogie ? Pourquoi ce format ?
Qu’est-ce que l’expérience de ce jeu peut apporter à un apprenant et à un formateur ?

Gamification et Ludopédagogie

Platon disait : « On peut en savoir plus sur quelqu’un en une heure de jeu qu’en une année de conversation. »
C’est sûrement une des raisons de la gamification du processus de recrutement dans plusieurs entreprises.

Au fait, avez-vous déjà entendu parler de KnackApp, une start-up de Silicon Valley, qui a fait basculer des entreprises renommées de plus de 100 pays vers l’utilisation de jeux sur un portable afin de trouver LE candidat ?
Les équipes de KnackApp ont développé des jeux capables de détecter les soft skills du candidat, ses comportements, ses qualités, son potentiel et ses talents.
Le candidat joue et lance des ballons d’eau ou sert une pizza à ses clients sur l’écran de son portable, mais rien n’est laissé au hasard. Les spécialistes analysent plusieurs variables basées sur le temps d’hésitation, la partie de l’écran que l’on touche durant le jeu, les mouvements qu’on effectue, et d’autres éléments de Big Data. Au bout de 45 minutes de jeux différents, le candidat reçoit des Knacks, des badges, un ensemble de ses soft skills. Les entreprises-clients ont accès aux profils des candidats qui correspondent aux postes proposés.
Le but de Guy Halfteck, le fondateur de KnackApp, était de donner des chances égales d’accès à l’emploi à tous les candidats, notamment à ceux ayant un parcours atypique ou chaotique. L’évaluation du candidat est centrée sur ses soft skills et non sur le nom de l’école fréquentée ou le titre du diplôme.
Parmi les clients de KnackApp : le gouvernement indien, qui veut augmenter l’employabilité des femmes et investir dans le développement de compétences de ses citoyens ; Axa Group, qui veut recruter des Talents et non des Parcours et des Diplômes ; Harvard Business School Executive MBA Program, qui forme les leaders de demain…
Je ne travaille pas pour KnackApp…

Je travaille au CFA Stephenson, centre de formation d’apprentis à Paris, qui accueille et forme les jeunes de tous horizons afin qu’ils puissent réaliser leurs projets professionnels. Parcours atypiques, premiers emplois, changements de voie… On s’y connait. Les compétences à développer… C’est notre métier.

Nous avons conçu le programme d’intégration Stephens’Onboarding pour les jeunes qui s’embarquent dans le monde de l’alternance, et notre Escape Game fait maison y prend une place importante.

Escape Game Stephenson

Nous avons créé un Escape Game pour faire découvrir la formation et introduire quelques notions abordées dans chaque matière. Nous avions également pour but de créer les conditions favorables à la cohésion du groupe.

Cependant, nous sommes allés beaucoup plus loin.

« C’est génial ! On voit tout ! » – l’animateur de L’Escape Game Stephenson. Il ne s’agit pas uniquement du contenu. Ni de la cohésion d’équipe.

Apprendre sur l’autre. Apprendre sur soi-même.

  • Communication
  • Prise d’initiatives
  • Recherche des solutions
  • Organisation du travail du groupe et de chacun
  • Gestion du temps et des priorités
  • Traitement des informations
  • Rôle que la personne s’attribue dans le travail d’équipe

Tout cela devient visible et concret durant le jeu.

Ce format de travail est parfait pour le positionnement des apprenants selon leurs capacités transversales, leurs méthodes de travail et leur savoir-être.

Nos apprentis ont un exemple précis de l’exploitation de leurs soft skills, et ils peuvent ensuite les mettre en valeur dans des situations de travail ou d’apprentissage. Ils apprennent beaucoup sur leurs talents bien cachés. Ils se découvrent. Ils réalisent l’importance des soft skills spécifiques dans les métiers qu’ils ont choisi.

Les formateurs/animateurs ont tous les éléments pour bien organiser les séances de formation selon les profils identifiés et leur mode de fonctionnement durant le jeu. Durant le jeu, les adeptes de la théorie des rôles en équipe de Belbin peuvent identifier des « coordinateurs », des « propulseurs », des « priseurs »… Nous avons tous les éléments pour créer une bonne dynamique de travail dans les groupes.

Bonus : le formateur / animateur du jeu casse le stéréotype du prof – source unique du savoir. Il change sa posture. Le formateur / animateur n’a pas le droit de donner la réponse à l’équipe. En revanche, il peut confirmer si les apprenants sont sur la bonne voie. Et dans le cas contraire ? Il peut donner des astuces, conseiller, orienter, motiver… Il semble, que c’est son vrai rôle, n’est-ce pas ?

A ce jour, une dizaine de jeux animés, plus de 300 apprentis positionnés, toute l’équipe pédagogique impliquée.

Nous sommes prêts à partager des astuces à appliquer et des pièges à préparer.

Comment créer votre propre Escape Game pédagogique ?

L’Escape Game consiste en une mission à accomplir en équipe, en temps limité, dans un endroit « fermé » avec un scénario adapté, des consignes complexes et des énigmes atypiques.

Prenez du temps pour étudier les ressources disponibles sur ce site – une boite à outils riche et structurée pour toutes les personnes qui voudraient se lancer dans la création d’un Escape Game.

Astuce 1 : Prévoir une énigme spéciale « cohésion d’équipe ».
Avez-vous organisé un Escape Game pour favoriser la cohésion du groupe ? J’ai bien peur de vous décevoir. Un Escape Game ne garantit pas la cohésion.

Les Escape Games / Escape Rooms en version originale sont destinés aux joueurs qui se connaissent déjà : des familles, des groupes d’amis, des collègues assez proches pour être enfermés dans la même pièce pendant une heure. Les affinités sont déjà là.

Dans notre Escape Game Stephenson, les joueurs deviennent une équipe quand il reste une seule énigme pénible à résoudre. Pénible ? Oui ! Elle semble facile, mais elle ne l’est pas. C’est un outil fédérateur. Chaque joueur se dit que lui pourra le faire et que sa solution va marcher. Tout le monde est réuni autour d’un « problème ». Chacun croit (et voit) que sa contribution pourra faire avancer l’équipe. La cohésion commence à se créer à ce moment là.

Astuce 1 bis : Il faut également prévoir un coup de pouce pour chaque énigme. L’animateur pourra réorienter une équipe qui s’est retrouvée sur une fausse piste.

Astuce 2 : Différencier la Mission, l’Objectif et le Moyen
Dans le scénario de l’Escape Game Stephenson, nos apprentis sont sollicités par nos entreprises-partenaires pour les aider de prévenir une cyber attaque. C’est la Mission. Pour cela, ils doivent pirater la boite mail d’un cyber terroriste et supprimer le fichier portant le virus. C’est l’Objectif. Afin de pouvoir pirater la boite mail, les joueurs doivent trouver le mot de passe. C’est le Moyen.

Chaque énigme résolue donne un ou plusieurs caractères qui constituent le mot de passe.

A votre avis, combien d’équipes en moyenne atteignent l’Objectif et accomplissent la Mission ?
1 sur 5 !
Que se passe-t-il ? Le jeu, est-il trop compliqué ? Non. Pas du tout.

Les équipes arrivent à résoudre toutes les énigmes et à trouver le mot de passe en 45-50 minutes. Il leur reste encore environ 10-15 minutes (durée de jeu – 60 minutes). Mais ils s’arrêtent. Ils ne font plus rien. Ils sont contents. Ils ont atteint leur objectif. Enfin, c’est ce qu’ils croient.
Une équipe sur 5 seulement se souvient du vrai Objectif et de sa Mission.
C’est normal. C’est un piège, et ils tombent dedans facilement. Ils passent tellement de temps à trouver le mot de passe qu’ils ne se souviennent plus à quoi il sert.

Au CFA Stephenson, nous proposons des formations dans le secteur des Relations Client. Voici le premier message à transmettre : dans la routine et avec une multitude de tâches à effectuer dans la journée, il ne faut jamais oublier son objectif final. La satisfaction client.

Astuce 2 bis : Choisissez 2-3 (maximum) messages à transmettre et préparer des pièges qui permettront de le faire

Astuce 3 : Donner accès à toutes les énigmes en même temps
L’Escape Game, ce n’est pas une chasse aux trésors.

Les joueurs d’un Escape Game n’ont pas besoin de résoudre l’énigme numéro 1 pour passer à l’énigme numéro 2.
Qu’est-ce que cela apporte ? Du Chaos ! Attendez… C’est bien ! Dans l’Escape Game, on aime bien le Chaos !
Ceci permet de voir comment les joueurs vont s’organiser, comment ils vont se répartir les tâches, comment ils vont communiquer, comment ils vont gérer le stress et la charge de travail. Y aura-t-il quelqu’un qui prendra la posture du manager dans l’équipe ? Vont-ils commencer par une énigme facile ou difficile ?

C’est le moment de sortir votre support d’observation et d’évaluation et de commencer à noter ! Vous aurez des surprises, c’est promis !

Astuce 3.1 : Organisez un débriefing après que le jeu soit terminé pour discuter de l’expérience des joueurs et pour partager des observations, des remarques, des conclusions et des messages. C’est un moment fort à ne pas manquer.

Et qu’est-ce qu’ils en disent, nos apprentis ? En deux mots ? Ils adorent. Ils demandent de jouer encore.

« Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. » – Friedrich Nietzsche

[Ecrit par Anna VALLE]

Si vous êtes intéressé(e)s et que vous souhaitez obtenir des renseignements complémentaires, n’hésitez pas à nous contacter : contact@cfa-stephenson.fr

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